YATMA DIAW PRÉSIDENT DE L’ASC VILLE DE DAKAR : « On espère que le fédération viendra en appui aux clubs après l’annulation de la saison »

Dans une interview, le président de l’ASC ville de Dakar est revenu sur la vie du club mais aussi l’annulation de la saison de Basket par la fédération à cause de la pandémie du Coronavirus .

Annulation de la saison ?

L’annulation de la saison est un problème par rapport à nos clubs. Quand la Fédération nous avait saisi, nous avions demandé la reprise de la saison, de la finir et de se pencher sur celle 2020-2021. C’est un manque à gagner pour nous, surtout que nous avons énormément dépensé en termes de prise en charge. Ce que nous demandons c’est de venir en appoint aux clubs. Je pense  que les autorités sont favorables pour appuyer les clubs. C’est le minimum car les clubs souffrent parce que nous sommes toujours dans un championnat amateur. Nous attendons une compensation financière de la Fédération comme l’a fait le football. Tous les clubs de D1 et D2 ont dépensé. Donc, nous ne pouvons pas comptabiliser ces dépenses comme perte et profit.

Charges salariales ?

Nos prises en charge salaires, logement, restauration et autres tournent autour de 7 mensuels. L’ASC Ville a deux équipes masculine et féminine en D1, sans oublier la petite catégorie. Les entraîneurs de la petite catégorie sont aussi payés. Je parle des charges fixes et ça peut aller jusqu’à 10 millions. C’est très lourd comme dépenses.

Contrat des joueurs…

Notre souhait est de retenir nos joueuses et joueurs pour la saison 2020-2021. Comme la saison est annulée, ça veut dire que les contrats sont nuls. J’ai commencé des négociations avec les joueuses. Je pense que nous allons trouver un terrain d’entente pour avoir le même groupe pour l’année prochaine. C’est un travail administratif et technique à la fois. Ensemble, nous allons voir les joueuses et joueurs qui seront maintenus et renouveler leur contrat. Nous essaierons aussi de recruter pour avoir les meilleures équipes possibles.

On a discuté avec la Fédération et ils nous ont fait savoir qu’on peut recruter. Les nouveaux joueurs peuvent être mis sur la liste des protections. Nous n’allons pas rater cette opportunité.

L’Afrique ?

Nous avons toujours cette ambition et c’était l’objectif cette saison. D’après les informations, la FIBA Afrique veut jouer ses compétitions. Nous allons travailler dans ce sens. Je trouve normal que le Sénégal reste 10 ans sans prendre part aux joutes africaines des clubs. C’est une anomalie et je me lance ce défi en tant que président d’aller en Afrique. Si la FIBA Afrique organise, nous nous donnerons les moyens de participer.

Plateforme pour le renouveau ?

Elle a été mise sur pied en direction des renouvèlements qui devaient se tenir pour apporter une nouvelle réflexion sur les textes du basket. Donc, ce n’était pas une plateforme pour s’opposer à la Fédération ou de substitution. C’était un groupe de réflexion pour que nos doléances puissent être prises en compte.  Depuis lors, il n’y a pas eu de réunion et la plateforme n’est pas d’actualité. Nous l’avions mis en place pour se faire entendre. On félicite El Hadji Sarr (chargé de communication de la FSBB) qui a pu intégrer la Fédération. J’étais dans cette plateforme pour poser un débat d’idées et non occuper un poste au sein de la Fédération. Je pense que l’équipe fédérale est en train de prendre en compte nos préoccupations. Ce qui reste c’est d’aller vers un championnat professionnel. C’était l’idée phare de la plateforme et cela permettrait aux clubs de vivre du basket. Il y a des clubs qui sont professionnels au regard de leur organisation interne.

Equipe nationale masculine ?

Je ne dirais pas ce sont des contreperformances. Le Sénégal fait partie des 4 meilleurs d’Afrique. On s’est qualifié aux championnats du monde et au tournoi de qualification olympique. Seulement, il faut noter que nous n’avons pas gagné depuis plus de 20 ans. Le problème fondamental et d’avoir nos meilleurs joueurs à temps. Les Sénégalais brillent partout et on doit avoir les meilleurs du moment. C’est difficile parfois et les joueurs ne puissent pas se libérer lors de certaines compétitions africaines. Je demande pourquoi on ne peut pas organiser comme on a fait avec les filles. En 2017, on avait gagné tous nos matches à Dakar et cet engouement populaire  pourrait être une motivation supplémentaire pour les joueurs. Je crois qu’on peut réfléchir sur tout ça pour mettre fin à cette longue disette.

Financement de l’ASC Ville de Dakar ?

Nous recevons une subvention de la mairie de Dakar et c’est l’occasion de remercier Soham El Wardini. Elle a augmenté la subvention et a offert un bus pour les déplacements de l’équipe. Les agents municipaux ont adhéré et on prélève une somme sur leurs salaires qui sera reversée dans les caisses du club. A cela, il faut ajouter les organisations que nous faisons pour collecter des fonds. Je peux citer les soirées de gala et autres manifestations. La subvention n’est pas fixe. Elle dépend des recrutements, de la prise en charge salariale du club. C’est sur cette base que nous allons exposer le projet aux autorités. C’est sur cette base que nous fixons le budget qui varie entre 80 et 100 millions en fonction des priorités.

Dernier mot…

C’est de prier pour que la pandémie disparaisse. Nous avons que le basket après notre travail professionnel. Nous voulons retrouver le stadium Marius Ndiaye et son public qui nous manquent temps. Je me permettrai de donner mon avis sur la limitation des mandats au niveau de la Fédération. Je suis en phase avec Me Babacar Ndiaye sur ce point. Au niveau des clubs, on nous accepte de faire 2 ou 6 mandats et on ne veut pas appliquer cette option au niveau de la Fédération qui n’est rien d’autre que le regroupement des clubs. Si on accepte que les présidents de clubs puissent faire autant de mandats, pourquoi on le refuserait au sein de la FSBB. On ne doit pas mettre les textes pour exclure qui que ce soit. On est dans un mouvement associatif et c’est la confiance des acteurs qui doit déterminer les personnes dirigeantes. On doit faire une très grande réflexion, de façon impersonnelle et que chacun puisse donner sa position par rapport à ça. Ma position est claire sur cette question, j’adhère aux déclarations de Me Babacar Ndiaye. Il faut qu’on aille vers le championnat professionnel si nous voulons développer cette discipline. Si c’est le basket qui nous intéresse, je pense que les gens doivent laisser leur personne et réfléchir sur les projets de développement.

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