ÉPREUVES PHYSIQUE DU BAC : Considération et respect pour l’EPS et la santé des élèves, selon le SUDES/EPS

Déclaration

Considération et respect pour l’EPS et la santé des élèves

C’est avec une grande consternation et indignation que le SUDES/Education Physique et sportive (SUDES/EPS) a appris le 16 juillet, la programmation par le MEN des épreuves physique du BAC prévues à partir du 23 juillet 2020.

Après quatre mois sans cours d’EPS, il est inconcevable de vouloir programmer ces épreuves sans une préparation préalable qui doit durer des semaines. En effet, en temps normal, après les grandes vacances, les élèves font toujours deux mois de préparation physique généralisée (PPG) pour éviter des accidents ou les amoindrir.

Cette mesure ministérielle est d’autant plus aberrante et inadmissible que le Collectif des Professeurs d’Education physique et sportive, en prévision de la reprise des cours en fin juin, avait élaboré et transmis aux ministères en charge de l’éducation (MEN, MEFPA et MESRI) un pertinent document de protocole pédagogique et sanitaire pour la pratique de l’EPS dans le contexte particulier de la pandémie. En dépit de cette ouverture des professionnels de la discipline, l’EPS a été arbitrairement exclue des matières à enseigner aux élèves ciblés pour la reprise du 25 juin. Comment comprendre dès lors la volte-face inattendue, incohérent parce que sans logique du MEN, en programmant les épreuves physiques pour des examens scolaires ?

En tout et état de cause, après quatre mois fermes sans pratique de l’EPS, obliger les élèves candidats à faire les épreuves physiques, c’est exposer nombre d’entre eux à de graves dangers pour leur santé voire pour leur vie. En effet, entre autres, en l’état, ils peuvent être exposés à des accidents cardio-vasculaires, musculaires et articulaires mais encore à des contreperformances dans leur quête de bonnes notes.

Le SUDES/EPS considère que le MEN, le MERPA et le MESRI seront entièrement responsables de tous les accidents susceptibles d’arriver aux candidats non préparés à faire l’EPS du fait d’une vision réductrice voire erronée de la discipline par les ministères concernés notamment le MEN.

En effet, le manque de considération et de respect pour l’EPS et de ses acteurs professionnels résulte de vision étriquée et simpliste de cette discipline au niveau des autorités. Or, celle-ci est fondamentale pour le développement harmonieux de la personne notamment dans son enfance et sa jeunesse. De même, faut-il le souligner avec force, toutes les disciplines d’enseignement sont d’égale dignité, toutes concourent à l’épanouissement de facultés créatrices chez l’homme ou la femme au bénéfice de la société. Sous ce rapport, l’EPS et l’éducation artistique et musicale sont des disciplines à réhabiliter vigoureusement dans système éducatif sénégalais où elles demeurent encore des parents pauvres.

Le SUDES/EPS est dans une telle dynamique de combat, il appelle tous les professionnels à se joindre à lui pour une issue victorieuse dans cette lutte stratégique pour la promotion à sa juste valeur de notre discipline.

Par ailleurs, la mesure ministérielle oblige les enseignants (es) d’EPS à sillonner le pays à leur frais dans le cadre de commissions d’examen itinérantes, parce que sans paiement des avances de déplacement par l’Office du BAC, comme cela se fait pour les collègues des autres disciplines. C’est inadmissible ! Le SUDES/EPS exige le paiement de ces avances avant ou pendant le déroulement des épreuves physiques programmées à la veille de la Tabaski.

Au total, le SUDES/EPS condamne avec la dernière énergie cette mascarade du MEN notamment et exige le respect dû à la discipline et à ses acteurs professionnels. Plus jamais ça !

Dakar le 21/07/2020

Le Bureau Exécutif national du SUDES/EPS

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