FONCIER : Les acteurs réfléchissent pour une gouvernance responsable dans le bassin du fleuve Sénégal

L’Initiative Prospective Agricole et Rurale (IPAR) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont  organisé  ce mardi à Dakar un atelier  régional  de partage des résultats du Projet d’amélioration de la Gouvernance foncière dans le bassin du fleuve Sénégal.

Infosdakar – Cette  stratégie développée dans le projet « Une gouvernance foncière améliorée pour une prospérité partagée dans le bassin du fleuve Sénégal » (SRB),   coordonnée par la FAO et  l’IPAR et financé par le Gouvernement Fédéral de l’Allemagne renforce encore davantage la valorisation du rôle déterminant que jouent les acteurs notamment l’OMVS, les Etats et les organisations de la société civile dans le combat contre l’insécurité alimentaire compte tenu de leurs engagements, compétences techniques et des projets et initiatives en cours. D’après  les  résultats du projet,  les plateformes locales du Mali, de Mauritanie et du Sénégal ont d’ores et déjà produit un certain nombre d’impacts positifs sur les enjeux de gouvernance foncière dans les zones concernées. Le premier est la création d’espaces de dialogue ouverts et transparents, là où, bien souvent, conflits et mésententes menaçaient de prendre le dessus. Mais au-delà, d’autres résultats tangibles peuvent être cités, comme le renforcement des capacités des acteurs locaux, la légitimation et le renforcement d’institutions de gouvernance locale, la création et le partage de connaissances, la contribution à l’amélioration et à la mise en œuvre pratique de cadres juridiques. Les paragraphes suivants s’attacheront à détailler l’ensemble des résultats atteints à ce jour.

Le dialogue multipartite ouvert et transparent

Les trois plateformes de Boghé, Kayes et Podor ont permis l’établissement d’un dialogue apaisé, ouvert et inclusif autour des épineuses problématiques foncières que l’on rencontre dans la vallée.

-Au Sénégal, la plateforme de Podor a bénéficié de l’existence d’une structure dénommée Cadre de concertation des collectivités territoriales de Podor, qui regroupe les 22 communes et le conseil départemental, soit les 23 collectivités du département éponyme. Ce cadre vise à la mutualisation des actions à mener en matière de développement et la problématique foncière était déjà un thème majeur avant la création de la plateforme. La mise en place de cet espace de dialogue dédié plus spécialement au foncier, l’introduction des Directives dans le débat et la référence aux expériences du MCA et, actuellement, du projet AIDEP (Agriculture Irriguée et Développement Economique des territoires ruraux de Podor), en cours d’exécution dans les 10 communes, (anciennes communautés rurales), ont beaucoup contribué à la recherche de solutions concrètes aux problèmes fonciers dans la partie centrale de la vallée.

-A Boghé, en Mauritanie, la situation de référence en matière de gouvernance des régimes fonciers était caractérisée par : (i) les décisions unilatérales et souvent improvisées des structures étatiques, (ii) l’absence de dialogue et de concertation entre les différents acteurs, (iii) l’exclusion des groupes les plus vulnérables, notamment les femmes et les jeunes, et (iv) l’absence de communication et de transparence. Pour améliorer cette situation, la plateforme de Boghé a réussi à créer un espace de dialogue participatif et inclusif.

-Dans la région de Kayes, au Mali, la mise en place de la plateforme locale multi-acteurs sur la gouvernance foncière responsable soutenue par le projet SRB, à l’image de celle existant au niveau national, joue un rôle capital dans la mise en œuvre effective de la Loi sur le Foncier Agricole (LFA).Cette plateforme locale est présidée par le Gouverneur de la région, avec l’implication de tous les acteurs intervenant dans le domaine du foncier, notamment les services techniques décentralisés (agriculture, élevage, pêche, environnement), les organisations paysannes, les élus locaux, les ONG, la société civile, les organisations de femmes et de jeunes, etc. Cette approche multi-acteurs a favorisé le dialogue permanent entre les différents acteurs aussi bien étatiques que non-étatiques et est devenue un espace d’échange privilégié et de concertation essentiel sur la gouvernance foncière au niveau de la région.

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