Le cri de cœur d’un patriote face aux dérives du « Projet »
Lettre ouverte au Premier Ministre, Président du Parti PASTEF
Objet : Le cri de cœur d’un patriote face aux dérives du « Projet »
Monsieur le Premier Ministre,
Je vous adresse cette lettre non pas comme un opposant de la vingt-cinquième heure, mais comme l’un de ceux qui ont cru, lutté et souffert pour le projet que vous portez. Je suis de ceux qui ont bravé la peur pour que triomphe l’espoir. Pourtant, aujourd’hui, c’est l’inquiétude qui l’emporte.
Monsieur le Premier Ministre, nous nous sommes battus au prix de vies humaines, de carrières brisées et de handicaps à vie pour que le Sénégal change de visage. Or, sous votre magistère, le constat est amer :
• L’exigence de vérité bafouée : Les bavures policières persistent et des voix gouvernementales s’élèvent encore lors de conférences de presse pour travestir la réalité, utilisant les mêmes méthodes que nous dénoncions hier.
• Le train de vie de l’État : Dans un pays hyper-endetté, nous observons avec stupeur un gouvernement pléthorique de 25 ministres et 5 secrétaires d’État, sans compter les privilèges rattachés à ceux ayant rang de ministre. Le « Sénégal sobre et vertueux » semble s’être arrêté aux portes du pouvoir.
• L’injustice sociale institutionnalisée : Comment justifier que des fonds communs continuent de bénéficier à une caste de fonctionnaires pendant que la majorité suffoque ?
Monsieur le « Véridique » Premier Ministre,
Devant l’Assemblée Nationale, vous avez affirmé que les enseignants réclamaient de « nouveaux avantages ». C’est une contrevérité qui blesse notre dignité. Nous ne réclamons pas de privilèges, mais la correction du système de rémunération pour plus d’équité. Dites-nous, Monsieur le Premier Ministre : quels sont ces « nouveaux avantages » dont vous parlez ?
Comme des milliers de mes collègues, je suis prêt au sacrifice patriotique pour sortir notre pays du gouffre creusé par des décennies de gestion calamiteuse. Mais ce sacrifice ne peut être unilatéral. On ne peut demander au peuple de serrer une ceinture déjà trop étroite pendant que d’autres s’engraissent. En deux ans, l’embonpoint visible de certains contraste violemment avec la mine défaite de ceux qui les ont élus.
Pour ma part, l’heure est au bilan personnel : je suis toujours patriote, mais j’ai perdu plus de poids que sous l’ancien régime, et ma voiture, en panne depuis 18 mois, attend toujours les moyens d’une réparation qui ne vient pas.
Monsieur le Premier Ministre, nous attendions des solutions structurelles, pas des discours de diversion. Le sang versé mérite mieux que ce spectacle de continuité sous de nouveaux habits.
Dans l’attente d’un retour à l’essence même de notre combat.
Un enseignant, patriote avant tout.
Massaer Mbaye, Professeur de français au lycée John F. Kennedy

