{"id":32705,"date":"2024-05-22T21:10:03","date_gmt":"2024-05-22T21:10:03","guid":{"rendered":"https:\/\/infosdakar.com\/?p=32705"},"modified":"2024-05-22T21:10:14","modified_gmt":"2024-05-22T21:10:14","slug":"leducation-musicale-au-senegal-par-bernard-bangoura","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/infosdakar.com\/?p=32705","title":{"rendered":"L\u2019EDUCATION MUSICALE AU SENEGAL (Par Bernard Bangoura)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est \u00e0 l\u2019image des cultures de tradition orale historique que l\u2019\u00e9ducation musicale est d\u2019abord traditionnelle et populaire au S\u00e9n\u00e9gal. Ce legs perdure dans la corporation des griots, et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale dans le corps social pratiquant la musique de fa\u00e7on non formelle. Avec l\u2019institutionnalisation de l\u2019\u00e9cole, l\u2019\u00e9ducation musicale a ensuite \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9e. Ce qui lui conf\u00e8re, d\u2019un point de vue historique et sur la base de la d\u00e9marche d\u2019enseignement-apprentissage, un h\u00e9ritage des pr\u00e9sences missionnaire puis coloniale. Ses contenus connaitront une reforme apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance.<br>Ces sources de l\u2019\u00e9ducation musicale ont une pr\u00e9occupation commune et ax\u00e9e exclusivement sur le mat\u00e9riau sonore. Elles disposent cependant de didactiques particuli\u00e8res dans la transmission des savoirs et des savoirs-faires musicaux, m\u00eame si des tentatives de symbiose s\u2019entreprennent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>EDUCATION MUSICALE NON FORMELLE D\u2019ORIGINES TRADITIONNELLE ET POPULAIRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9ducation musicale non formelle est celle qui a des caract\u00e9ristiques sans lien avec les institutions telles que consid\u00e9r\u00e9es dans l\u2019organisation du syst\u00e8me \u00e9ducatif. Elle est ins\u00e9parable d\u2019un h\u00e9ritage familial (griots), communautaire ou d\u2019habitudes h\u00e9rit\u00e9es d\u2019usages sociaux divers : apprentissages populaires gratuits ou visant la constitution de groupes de musique, cours \u00e0 domicile, sessions, pratiques en amateurs et associ\u00e9es aux instrumentistes, aux chorales, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9ducation musicale traditionnelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pr\u00e9sence de cette \u00e9ducation est tr\u00e8s ancienne. Sa trace remonte aux traditions musicales des communaut\u00e9s ethniques o\u00f9 se manifestait une transmission du savoir-faire musical d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre. Elle \u00e9tait surtout une expression des familles griottes. Selon des ethnies, l\u2019apprentissage musical pouvait se faire suivant la lign\u00e9e paternelle ou maternelle. Cette transmission comportait le r\u00e9pertoire chant\u00e9 et \/ou instrumental ; l\u2019histoire associ\u00e9e \u00e0 ce r\u00e9pertoire et la facture de l\u2019instrument appris. Tout le processus d\u2019\u00e9ducation reposait sur une d\u00e9marche aurale, c&rsquo;est-\u00e0-dire bas\u00e9e sur l\u2019apprentissage par l\u2019oreille et le mim\u00e9tisme gestuel.<br>La d\u00e9nomination en langues locales d\u2019indications de hauteurs sonores (notes) et les relations polyphoniques de celles-ci portent \u00e0 croire en l\u2019existence d\u2019une pens\u00e9e musicale, et donc d\u2019un apprentissage identique, m\u00eame s\u2019il n\u2019y avait pas une notation pour s\u2019exercer au d\u00e9chiffrage. Ce fait est illustr\u00e9 dans la culture musicale wolof, par le r\u00f4le ancien de directeurs d\u2019ensembles jou\u00e9s par des tambours-majors, et perp\u00e9tu\u00e9 par Doudou Ndiaye Rose qui disposait d\u2019une \u00e9cole de percussions sabar. Cette nature savante est \u00e9galement manifeste dans l\u2019inventivit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la fabrication d\u2019instruments traditionnels comme la kora mandingue et le diassar\u00e9 ou ngoni (cordophone) peulh.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Au-del\u00e0 de la musique en tant qu\u2019esth\u00e9tique stricte, l\u2019\u00e9ducation musicale d\u2019origine traditionnelle comportait des traits de civilisation d\u2019ordres communicationnels via les messages cod\u00e9s d\u2019instruments, notamment le tambour \u00e0 fente des diolas, et th\u00e9rapeutiques dans l\u2019usage des percussions l\u00e9bou, \u00e0 l\u2019occasion de s\u00e9ances de musicoth\u00e9rapie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9ducation musicale populaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle apparait et d\u00e9coule des pr\u00e9sences culturelles (missions, colonisation) comportant des modes musicaux \u00e9trangers au S\u00e9n\u00e9gal. Sp\u00e9cifiquement, ces contextes historiques indiqueront une nouvelle vie musicale, par l\u2019adoption de nouveaux r\u00e9pertoires, et la d\u00e9couverte d\u2019instruments de musique modernes. L\u2019harmonium puis l\u2019orgue des missionnaires font partie des premiers instruments modernes \u00e0 \u00eatre introduits pour les offices avec chants accompagn\u00e9s. L\u2019iconographie et la cartophilie regorgent de sc\u00e8nes de production musicale repr\u00e9sentant de jeunes chantres et instrumentistes autochtones. C\u2019est l\u00e0 sans doute, l\u2019apparition des premi\u00e8res chorales de l\u2019Eglise du S\u00e9n\u00e9gal avec la constitution des chapelles, s\u00e9minaires et juv\u00e9nats.<br>Au large de Dakar, l\u2019ile historique de Gor\u00e9e poss\u00e9dait une \u00e9cole et une chorale en 1745 : date de construction de sa chapelle (Gueye 2009 : 49). La connaissance plus ancienne de la tradition polyphonique de la liturgie chant\u00e9e y est certaine. Cependant, les documents historiques n\u2019attestent pas la constitution ni l\u2019activit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8res d\u2019un ch\u0153ur, encore moins son appropriation par les africains de l\u2019ile .<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A Joal, l\u2019apostolat de l\u2019abb\u00e9 Coste, troisi\u00e8me pr\u00e9fet envoy\u00e9, est admirablement cit\u00e9 ; il y forme des chantres distingu\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 sa mort et son enterrement au cimeti\u00e8re local, le 7 septembre 1784 (Boilat 1984). En 1822, avec l\u2019arriv\u00e9e des religieuses de Saint Joseph de Cluny \u00e0 Saint &#8211; Louis : \u00ab la premi\u00e8re chorale de filles sera justement form\u00e9e par les religieuses du Cluny, certaines pensionnaires noires furent initi\u00e9es au piano ou \u00e0 l\u2019orgue. \u00bb (Gueye 2009 : 53). L\u2019\u0153uvre missionnaire de cette communaut\u00e9 porte sur des r\u00e9alisations sociales et surtout scolaires initialement projet\u00e9es par deux pr\u00e9fets apostoliques : Jean-Vincent Giudicelli en 1816 et Abb\u00e9 Barad\u00e9re en 1820. Ces derniers destinaient aux jeunes gar\u00e7ons, une instruction de base comprenant des classes de chant, dans le projet de constitution d\u2019un clerg\u00e9 africain (de Benoist, 2008). A l\u2019\u00e9tablissement des juv\u00e9nats, le solf\u00e8ge sera int\u00e9gr\u00e9 en instruction musicale au s\u00e9minaire-coll\u00e8ge de Dakar (transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Ngazobil en 1866) et chez les religieuses de l\u2019Immacul\u00e9e Conception, arriv\u00e9es en janvier 1848 \u00e0 Dakar. C\u2019est au sein de cette congr\u00e9gation que les deux premi\u00e8res s\u0153urs gourmettes prononceront leurs v\u0153ux perp\u00e9tuels en 1858.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Dans la vie civile, une mode d\u2019usage domestique du piano \u00e9tait notable \u00e0 Saint-Louis. Elle \u00e9tait la continuit\u00e9 outre-mer de la vie musicale hexagonale, et le reflet d\u2019une conformit\u00e9 \u00e0 la culture fran\u00e7aise (Sadji 1988). Le mode de vie \u00e9tait ponctu\u00e9 de bals anim\u00e9s par des ensembles de musique, des prises de le\u00e7ons d\u2019instruments (harmonium, orgue, piano, violon, banjo et autres cordes et vents), sans compter la pr\u00e9sence d\u2019un kiosque \u00e0 musique dans l\u2019am\u00e9nagement urbain et la pratique musicale des garnisons militaires. La tradition \u00e9ducative et le r\u00e9pertoire militaire savant se perp\u00e9tueront dans la musique militaire post ind\u00e9pendante de la garnison de Dakar et celle de la Musique Principale des Forces Arm\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019influence de cette nouvelle vie musicale sera \u00e9galement manifeste dans l\u2019apprentissage \u00e0 la pratique et \u00e0 la production de la musique, au sein d\u2019ensembles instrumentaux connus sous le vocable de \u00ab soci\u00e9t\u00e9s musicales \u00bb. L\u2019initiation et la pratique d\u2019instruments \u00e0 vents (fifre, clarinette, cornet, trompette, saxophone, trombone, tuba) et \u00e0 percussions (petit tambour, grosse caisse et cymbales) se feront \u00e0 la \u00ab Lyre municipale de Saint-Louis \u00bb sur photo de Tacher, dat\u00e9e 1909, et de \u00ab La Faidherbe \u00bb sur photo de Tacher, dat\u00e9e 1911 (Le Ouzon Op.cit : 47, 73 \u2026..). Ces soci\u00e9t\u00e9s musicales \u00e9taient d\u2019appartenances institutionnelles (municipalit\u00e9 de Saint-Louis pour la \u00ab Lyre \u00bb et clerg\u00e9 local pour \u00ab La Faidherbe \u00bb). Leur mode se poursuivra apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, sous la forme de fanfares scolaires, notamment dans des \u00e9coles tenues par des congr\u00e9gations religieuses : Cours Sacr\u00e9 C\u0153ur et Cours Sainte Marie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pratique de la musique d\u2019ensemble pour bals devrait remonter \u00e0 l\u2019av\u00e8nement des folgars : bals de danses europ\u00e9ennes organis\u00e9s par les femmes signares (Gueye Op.cit : 23), ou plus certainement aux bals officiels. Le plus c\u00e9l\u00e8bre et rapport\u00e9 se tint le 15 ao\u00fbt 1856 (Brigaud et Vast 1987 : 95, 96). Il est probable que des instruments \u00e0 cordes comme le violon et l\u2019alto soient rajout\u00e9s dans l\u2019instrumentarium de cette circonstance musicale de salon. Sinon, la substitution conventionnelle dans les transcriptions orchestrales, des cordes par les bois (clarinettes notamment), pr\u00e9sente la probabilit\u00e9 d\u2019animation de ces soir\u00e9es par la fanfare militaire et celle de la cavalerie jusqu\u2019en 1900. La \u00ab Symphonie de Saint-Louis du S\u00e9n\u00e9gal \u00bb prenant le relais \u00e0 partir de 1903. Le r\u00e9pertoire classique (Beethoven, Schubert, Mozart\u2026) de ces ensembles indique aussi leur port\u00e9e potentiellement chor\u00e9graphique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, les bals \u00e9tant de plus en plus les principales attractions de l\u2019ile, finiront par \u00eatre adopt\u00e9s par les populations noires. Ce sera en 1916, au lendemain de la reconnaissance de leur citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise avec les communes de Gor\u00e9e, Rufisque et Dakar. Des orchestres d\u2019autochtones naitront en vue de l\u2019animation des rencontres r\u00e9cr\u00e9atives dans les quatre nouvelles communes: \u00ab La Lyre de Saint-Louis \u00bb et \u00ab Esperance \u00bb adeptes respectivement de musiques syncr\u00e9tiques (rythmes et danses afro carib\u00e9ens) et de musique classique pour Saint-Louis (Gouan\u00e9 2012) ; \u00ab La S\u00e9n\u00e9galaise \u00bb et \u00ab La Gor\u00e9enne \u00bb pour Gor\u00e9e ; \u00ab La Rufisquoise \u00bb pour Rufisque et \u00ab La Dakaroise \u00bb \u00e0 Dakar \u00e9volueront aussi dans le registre syncr\u00e9tique, en incorporant des instruments comme l\u2019accord\u00e9on, le violon, les percussions africaines et le banjo, pour la danse (Samba 2014).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9ducation musicale ne sera pas en reste dans ce contexte. En 1930, la \u00ab Lyre Africaine \u00bb n\u00e9e de \u00ab la Gor\u00e9enne \u00bb et de la \u00ab S\u00e9n\u00e9galaise \u00bb, apr\u00e8s la fusion de Dakar et Gor\u00e9e, et confort\u00e9e par son r\u00e9pertoire de chansons fran\u00e7aises, b\u00e9n\u00e9ficie du soutien parrain\u00e9 d\u2019Alfred Goux, maire de Dakar. Il met \u00e0 la disposition du groupe un si\u00e8ge comportant une \u00e9cole de musique et des facilit\u00e9s pour suivre des cours de solf\u00e8ge au sous- soul du march\u00e9 Sandaga de Dakar. Cependant, l\u2019\u00e9clectisme des go\u00fbts se fait jour et s\u2019am\u00e9ricanise \u00e0 Saint-Louis, suite \u00e0 la d\u00e9couverte du jazz des fanfares et big band de sections musicales de la marine militaire am\u00e9ricaine, qui y \u00e9taient pr\u00e9sentes durant la deuxi\u00e8me guerre mondiale. Peu apr\u00e8s, la ville voit naitre son premier orchestre de jazz : \u00ab La Saint-Louisienne Jazz \u00bb (Gouan\u00e9 2012).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Du point de vue \u00e9ducatif, cette nouvelle forme musicale sera surtout port\u00e9e au sein des orchestres \u00ab Star Jazz \u00bb de Pape Samba Diop dit Mba \u00e0 Saint-Louis et \u00ab Joe et ses Boys \u00bb dirig\u00e9 \u00e0 Dakar par Joseph Mambaye. Ces deux saxophonistes t\u00e9nor et m\u00e9lomanes de r\u00e9pertoires stylistiques d\u2019\u00e9poques (paso doble, tango, jazz &#8211; swing etc.), seront les maitres dans l\u2019initiation de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de musiciens amateurs, \u00e0 la technique instrumentale, \u00e0 la transcription en notes nomin\u00e9es, au solf\u00e8ge, et \u00e0 la pratique musicale collective.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Amadou Traor\u00e9 (contrebasse et clarinette), membre de \u00ab Joe et ses boys \u00bb, affirme que \u00abA Dakar, les instrumentistes jouaient \u00e0 l\u2019unisson. C\u2019est Joseph Mambaye qui, au retour de la guerre, a le premier, \u00e9tabli l\u2019orchestration\u2026 cette instruction au solf\u00e8ge me permit d\u2019apprendre la clarinette \u00e0 partir de la m\u00e9thode Klose, achet\u00e9e dans les ann\u00e9es 1950 \u00e0 Abidjan \u00bb. (Traor\u00e9 2004).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Mais cette didactique musicale populaire continuera de moins en moins avec les r\u00e9pertoires occidentaux (chanson populaire, valse, paso doble, jazz\u2026) et carib\u00e9ens (salsa, cha-cha-cha, bol\u00e9ro, merengue\u2026) \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970 et dans la lign\u00e9e culturelle du festival mondial des arts negres de 1966.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>A partir de l\u00e0, l\u2019\u00e9laboration de la musique moderne s\u00e9n\u00e9galaise se faisait grandement au sein du club \u00ab Miami \u00bb d\u2019Ibra Kass\u00e9. De source populaire, c\u2019est tout \u00e0 fait naturel que cette \u00ab \u00e9cole \u00bb de construction de la musique moderne partant de celles traditionnelles, soit de conception directe. C&rsquo;est-\u00e0-dire, sans solf\u00e8ge ni partition, exactement comme la didactique ethnique. L\u2019instrumentation et l\u2019arrangement musical oral constituaient les nouveaut\u00e9s. Cette conception va demeurer des solistes et premiers orchestres d\u2019ob\u00e9dience \u00ab Miami \u00bb (Star band, Orchestre Laye Thiam) ou pas (Ucas Band de Sedhiou, Ablaye Ndiaye, Ifang Boni, Wato Sita, Xalam I, Xalam II, Tour\u00e9 Kunda \u2026), aux orchestres et styles contemporains (Super Etoile, Super Diamono, Dande Lenool, Folk local, Rap \u2026). C\u2019est l\u2019actualit\u00e9 de la cr\u00e9ation contemporaine dans sa relation \u00e0 l\u2019\u00e9ducation musicale.<br>Entre temps, bien avant ces p\u00e9riodes esth\u00e9tiques populaires, l\u2019\u00e9cole formelle int\u00e9grant l\u2019\u00e9ducation musicale, naissait en 1816 \u00e0 Saint-Louis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>SYSTEME EDUCATIF ET EDUCATION MUSICALE FORMELLE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pour le compte des territoires de l\u2019Afrique Occidentale Fran\u00e7aise (A.O.F), que la naissance de l\u2019\u00e9cole eut lieu dans la commune de Saint-Louis, au nord du S\u00e9n\u00e9gal. Dans cette ville, fut envoy\u00e9, en 1816, Jean Dard : \u00e0 la fois instituteur et chantre \u00e0 l\u2019\u00e9glise, mort en octobre 1833 (de Benoist 2008 : 108). La scolarisation connut des balbutiements dans sa formalisation jusqu\u2019en 1905, marquant la la\u00efcisation et le d\u00e9veloppement de l\u2019enseignement colonial. L\u2019\u00e9ducation musicale scolaire adopt\u00e9e rev\u00eatait un programme de culture diff\u00e9rent de celui traditionnel et au service des ordres coloniaux ou religieux.<br>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la souverainet\u00e9 en 1960, marque une phase d\u00e9cennale de mim\u00e9tisme avant l\u2019\u00e9laboration de programmes et horaires d\u2019enseignement modifi\u00e9s, et r\u00e9pondant aux objectifs fix\u00e9s \u00e0 la conf\u00e9rence de Nairobi, organis\u00e9s conjointement par l\u2019UNESCO et l\u2019OUA, en juillet 1968.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9ducation musicale aux temps de la colonie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant la la\u00efcisation promulgu\u00e9e \u00e0 travers la loi dite \u00ab Jules Ferry \u00bb, l\u2019\u00e9ducation musicale scolaire aura \u00e9t\u00e9 le fait du minist\u00e8re des Fr\u00e8res de l\u2019Instruction chr\u00e9tienne (les \u00ab Fr\u00e8res de Plo\u00ebrmel \u00bb) ; les \u00ab Messieurs Libermann \u00bb de la Congr\u00e9gation du Saint- C\u0153ur de Marie ; celles de l\u2019Immacul\u00e9e-Conception de Castres et des S\u0153urs de Saint-Joseph de Cluny. Hormis le Coll\u00e8ge de Saint-Louis (1843 -1849) fond\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Boilat, les \u00e9coles primaires des gar\u00e7ons et celles des filles \u00e0 Gor\u00e9e, Saint-Louis puis Dakar seront principalement concern\u00e9es par la discipline.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les archives scolaires les plus informatives sont celles du coll\u00e8ge Libermann de Dakar, devenu \u00ab Les Cours secondaires de Dakar \u00bb (1923), rebaptis\u00e9 en 1939 \u00ab Lyc\u00e9e Van Vollenhoven \u00bb, puis en 1984 \u00ab Lyc\u00e9e Lamine Gueye \u00bb, sur l\u2019initiative de Iba Der Thiam, historien et ex Ministre de l\u2019\u00e9ducation nationale. Ces archives disposent de preuves mat\u00e9rielles assez informatives de l\u2019adoption formelle de l\u2019\u00e9ducation musicale (Bangoura 2000).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Le Bureau des archives de l\u2019\u00e9cole ayant connu successivement des inondations en 1991 et en 1994, seuls les documents des distributions de prix sont encore disponibles. Les cahiers de texte qui pouvaient fournir des informations sur le contenu des enseignements \u2013 apprentissages \u00e9taient introuvables. Une documentation renseignant sur le palmar\u00e8s de distribution des prix tenus le 28 juin1925 et le 06 juillet 1929, indique une liste de classes (troisi\u00e8me et quatri\u00e8me), de r\u00e9cipiendaires invit\u00e9s \u00e0 la remise des prix de fin d\u2019ann\u00e9e et celle des lots concernant l\u2019\u00e9ducation musicale : deux prix (1er et 2e) et quatre accessits (1er, 2e, 3e, et 4e).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces minist\u00e8res religieux se feront de 1841 (ann\u00e9e d\u2019arriv\u00e9e des \u00ab Fr\u00e8res de Plo\u00ebrmel \u00bb) \u00e0 la la\u00efcisation de l\u2019\u00e9cole sous la loi Jules Ferry (1904). La charte de 1903 puis l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 1er mai 1924 r\u00e9organisaient l\u2019enseignement g\u00e9n\u00e9ral, fixaient les programmes et hi\u00e9rarchisaient les enseignements, dont l\u2019\u00e9ducation musicale.<br>Sous le vocable de \u00ab cours de chant et de musique \u00bb, la discipline \u00e9tait \u00e9galement inscrite dans la formation professionnelle et technique, pour \u00eatre enseign\u00e9e en 1938 aux futures institutrices \u00e0 l\u2019\u00e9cole normale de Rufisque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Une d\u00e9cennie plus tard, en 1948, sera fond\u00e9 \u00e0 Dakar, un Conservatoire de musique par Paul Richez : avocat et amateur passionn\u00e9 de chant lyrique. Avec un Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, et constitu\u00e9 d\u2019une \u00e9quipe de six formateurs fran\u00e7ais, l\u2019\u00e9tablissement proposera un parcours de mode classique en apprentissage instrumental (chant, piano, violon, violoncelle, trompette, trombone, hautbois, guitare, accord\u00e9on) et en enseignements musicologiques (solf\u00e8ge et \u00e9criture).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le conservatoire de Dakar \u00e9tait unique du genre et devint un \u00ab haut lieu d\u2019apprentissage musical pour toute l\u2019Afrique occidentale fran\u00e7aise. \u00bb (Mazzoleni 2011 : 95). Il attirera de jeunes apprenants du territoire dont Pascal Johnson (Prix de chant), Amadou B\u00e2 (Piano et saxophone), les fr\u00e8res K\u00e9t\u00e9 : Antoine (Piano et composition) et Antonin (Violoncelle) en carri\u00e8res classique. Il verra aussi la fr\u00e9quentation de musiciens d\u2019orchestres populaires (Balla Onivogui de \u00ab Balla et ses Balladins \u00bb, Barro Ndiaye de \u00ab Les d\u00e9m\u00e9nageurs \u00bb, ou encore Luis Morais : futur comp\u00e8re de C\u00e9saria Evora) en qu\u00eate de renforcement de connaissances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Cet ensemble de faits historiques ayant concouru \u00e0 la naissance de l\u2019\u00e9cole au S\u00e9n\u00e9gal, atteste l\u2019existence en parall\u00e8le, des toutes premi\u00e8res traces de l\u2019institutionnalisation de l\u2019\u00e9ducation musicale comme discipline scolaire sous l\u2019administration du gouvernement de la m\u00e9tropole colonisatrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>De mani\u00e8re op\u00e9rationnelle dans la vie scolaire de l\u2019\u00e9poque, de jeunes s\u00e9n\u00e9galais des ann\u00e9es 1900 confirment \u00e0 l\u2019\u00e9gard du syst\u00e8me d\u2019alors, un usage peu flatteur de la discipline. En effet, des t\u00e9moignages ont permis de recueillir deux chants entretenant une conqu\u00eate culturelle aupr\u00e8s d\u2019\u00e9coliers scolaris\u00e9s entre 1940 et 1942 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire sup\u00e9rieure Blanchot de la ville de Saint \u2013 Louis :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si le cours de chant au primaire ne pouvait, en textes, \u00eatre d\u00e9pourvu de relation culturelle explicite, celui de la musique pure (solf\u00e8ge et musicologie annexe) offrait grandement la culture musicale dans son syst\u00e8me, son histoire, son expression et le d\u00e9veloppement historique de son langage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Ce fait culturel et scientifique universel constituait un apport certain dans la perspective de la connaissance et de l\u2019\u00e9valuation de la pens\u00e9e, et de la cr\u00e9ation autour de la culture musicale patrimoniale. Il s\u2019agissait d\u2019une \u00ab volont\u00e9 int\u00e9grative (qui) se r\u00e9f\u00e9rait, bien entendu, aux deux axes fondamentaux de la politique culturelle de Senghor : l\u2019enracinement et l\u2019ouverture \u00bb. (Sylla 2006 : 100).<br>Cet aspect, unanimement reconnu par les sp\u00e9cialistes de l\u2019\u00e9ducation musicale, en tant que langage le plus abouti dans la constitution et la pr\u00e9sentation savante de l\u2019art musical, sera conserv\u00e9 et adopt\u00e9 dans les programmes post ind\u00e9pendance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019\u00e9ducation musicale apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La modification des horaires et des programmes de l\u2019enseignement fut un processus qui avait \u00e9t\u00e9 entam\u00e9 plus exactement en 1962, avant consignation et promulgation par les d\u00e9crets No 72-861 et 72-862 du 13 juillet 1972, \u00e9labor\u00e9s en application de la loi 71-36 du 03 juin 1971.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Apr\u00e8s un mim\u00e9tisme plus que d\u00e9cennal, la pr\u00e9sentation de la musique dans l\u2019enseignement au S\u00e9n\u00e9gal se fit sous la forme d\u2019une affirmation culturelle en ad\u00e9quation avec les pr\u00e9occupations essentielles de l\u2019\u00e9cole. Celles-ci cherchaient \u00e0 former globalement l\u2019apprenant en agissant sur son intelligence, sur son physique et sur sa sensibilit\u00e9. C\u2019est dans cette derni\u00e8re forme de perception qui concerne l\u2019\u00e9ducation artistique, que deux disciplines furent officiellement adopt\u00e9es : l\u2019\u00e9ducation aux arts plastiques et l\u2019\u00e9ducation musicale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>L\u2019int\u00e9gration formelle de l\u2019\u00e9ducation musicale couvre d\u00e9sormais comme entit\u00e9s du syst\u00e8me \u00e9ducatif : les niveaux d\u2019enseignement allant du pr\u00e9scolaire au sup\u00e9rieur ; la r\u00e9partition en diff\u00e9rents d\u00e9partements minist\u00e9riels des comp\u00e9tences \u00e9ducatives ; les programmes et horaires sp\u00e9cifiques \u00e0 chaque niveau d\u2019enseignement ; des contenus concernant les domaines de la perception du son, du traitement intellectuel du son, de la culture g\u00e9n\u00e9rale en musique, de l\u2019interpr\u00e9tation et de la cr\u00e9ativit\u00e9 (CNEM 2013).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Dans leurs grandes lignes, les diff\u00e9rents programmes adopt\u00e9s depuis 1972 conservent le solf\u00e8ge comme connaissance indispensable, en tant que forme universelle de notation et moyen le plus abouti en vue d\u2019exprimer la musique \u00e9crite. Les reformes sont de l\u2019ordre de didactiques int\u00e9grant globalement une culture musicale universelle, pr\u00e9alablement enracin\u00e9e. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019esprit des Lois d\u2019orientation de l\u2019\u00e9ducation nationale, ces didactiques s\u2019inspirent de dispositions, de r\u00e9solutions, de conventions, et de recommandations culturelles ent\u00e9rin\u00e9es souverainement, seul ou dans le cadre intergouvernemental (O.U.A, U.A, UNESCO, Conf\u00e9rence de chefs d\u2019Etats et de gouvernements\u2026), par l\u2019Etat du S\u00e9n\u00e9gal.<br>Ces reformes sp\u00e9cifiques portent sur la d\u00e9couverte et la connaissance du patrimoine musical local et continental, dans ses identit\u00e9s mat\u00e9rielles (instruments de musique, lieux et espaces de m\u00e9moire) et immat\u00e9rielles (sonorit\u00e9s, musiciens, r\u00e9pertoires, musiques et formes : comptines ; berceuses ; chants \u00e9piques ; \u00e9pop\u00e9es ; chants accompagnant les jeux ; chants de fables\u2026).<br>Ces changements concernent l\u2019ensemble des types d\u2019\u00e9tablissements du syst\u00e8me \u00e9ducatif, y compris le priv\u00e9, m\u00eame si des tentatives de cr\u00e9ation et de gestion d\u2019\u00e9coles de formation dans ce secteur n\u2019ont jusqu\u2019ici pas connu une p\u00e9rennit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Pour ce qui est de la formation professionnelle et technique, l\u2019adoption et l\u2019\u00e9volution institutionnelles post conservatoire de Dakar (1948), se feront successivement au sein de l\u2019Ecole des Arts du S\u00e9n\u00e9gal (1960 \u2013 1972) ; l\u2019Institut national des Arts (1972 \u2013 1979); le Conservatoire de Musique de Danse et d\u2019Art Dramatique (1972-1995) ; l\u2019Ecole nationale des Arts (1995-2022) et l\u2019Ecole nationale de arts et m\u00e9tiers de la culture (depuis 2022).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Les premi\u00e8res reformes didactiques dans la formation professionnelle auront lieu en 1960, avec l\u2019ouverture d\u2019une division de musique traditionnelle. A partir de 1972, l\u2019Institut national des Arts (I.N.A) poursuivra les enseignements du balafon et de la kora. Cet instrument disposera d\u2019une premi\u00e8re m\u00e9thode \u00e9tablie par Anumu Petro Santos, professeur et chercheur. L\u2019INA initiera aussi la formation de la premi\u00e8re promotion d\u2019\u00e9l\u00e8ves-professeurs (1972-1976), constitu\u00e9e d\u2019un apprenant. Cet Institut aura \u00e9t\u00e9 le symbole d\u2019une exp\u00e9rimentation pionni\u00e8re de la didactique de la musique traditionnelle, et l\u2019entame d\u2019une transition entre repr\u00e9sentants de la tradition p\u00e9dagogique de la musique savante (\u00e9quipe du Conservatoire 1946 ; personnel enseignant local et assistance technique fran\u00e7aise, russe, belge, japonaise, sud-cor\u00e9enne\u2026).<br>Toute cette orientation d\u00e9coulait de quatre principales pr\u00e9occupations socioculturelles (Sylla 2006 : 100) :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00e9viter le d\u00e9racinement culturel et le d\u00e9chirement cons\u00e9cutifs \u00e0 l\u2019expatriation en Europe ;<\/li>\n\n\n\n<li>faire acc\u00e9der un plus grand nombre de jeunes s\u00e9n\u00e9galais \u00e0 ce type de formation ;<\/li>\n\n\n\n<li>prendre en compte et int\u00e9grer les donn\u00e9es culturelles nationales dans les programmes d\u2019enseignement ; donc africanisation et s\u00e9n\u00e9galisation de la formation artistique, non seulement dans ses contenus et ses m\u00e9thodes, mais \u00e9galement par ses personnels enseignants ;<\/li>\n\n\n\n<li>faire advenir des arts s\u00e9n\u00e9galais modernes : peinture, sculpture et architecture notamment.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>DIDACTIQUES ET AVENIR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le processus d\u2019int\u00e9gration institutionnelle et scolaire de l\u2019\u00e9ducation musicale au S\u00e9n\u00e9gal d\u00e9coule d\u2019un concept culturel noble qui participait \u00e0 \u00e9tablir des traits de sensibilit\u00e9, et de go\u00fbt citoyens pour l\u2019art musical local et universel. Comme dans la quasi-totalit\u00e9 des Etats d\u2019Afrique subsaharienne historiquement de tradition orale, ce concept projette la cohabitation entre l\u2019empirisme de l\u2019oralit\u00e9 naturelle des musiques traditionnelles et le formalisme de l\u2019\u00e9ducation musicale \u00e9crite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Au constat pratique, cette formalisation de l\u2019\u00e9ducation musicale s\u2019est illustr\u00e9e surtout via un rapport visuel et cognitif avec le mat\u00e9riau sonore. La proportion du signe graphique de la musique, qu\u2019il soit lu ou \u00e9crit, ayant \u00e9t\u00e9 la plus repr\u00e9sent\u00e9e dans le processus d\u2019apprentissage que celle du contact direct avec le son.<br>Mais cet argument repose sur une analyse de perspectives culturelles. Car, d\u2019un point de vue technique, les m\u00e9thodes d\u2019apprentissage oral ne signifient pas forcement traditionnelles. Pour preuve, l\u2019essence m\u00eame de la musique (le son) \u00e9tant un ph\u00e9nom\u00e8ne ineffable et principalement destin\u00e9 au sens auditif, il va de soi que l\u2019\u00e9ducation musicale populaire comme la formation essentielle du musicien restent et demeurent dans le rapport le plus harmonieux avec le mat\u00e9riau sonore (\u0153uvres sonores, voix et\/ou instrument). Une formation \u00ab moderne \u00bb et surtout technique rendraient cet objectif non atteint. C\u2019est sans doute la compr\u00e9hension de cette r\u00e9alit\u00e9 qui motive des m\u00e9thodes et \u00e9coles p\u00e9dagogiques \u00e0 succ\u00e8s (Suzuki ; Berklee ;Orff ; Martenot\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>Aussi, pour d\u2019autres raisons de l\u2019ordre notamment de l\u2019urbanit\u00e9, de ses externalit\u00e9s sur la culture musicale traditionnelles et ses formes d\u2019\u00e9ducation ; de statistiques (go\u00fbt et niveaux de culture musicale populaire, couverture territoriale non effective dans la pratique de l\u2019\u00e9ducation formelle) ; de capacit\u00e9s (application effective de textes et moyens d\u2019op\u00e9ration didactiques tant bien formel que non formel) et de structurations, il y a \u00e0 poursuivre une recherche appliqu\u00e9e sur le concept de symbiose entre l\u2019\u00e9ducation musicale non formelle et celle formelle du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est \u00e0 l\u2019image des cultures de tradition orale historique que l\u2019\u00e9ducation musicale est d\u2019abord traditionnelle et populaire au S\u00e9n\u00e9gal. 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