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BAC 2020 : Le scandale des candidats injustement privés d’examen

Le Secrétariat permanent du SUDES réuni en session ordinaire le 23 Septembre 2020, au siège de la CSA, a examiné entre autres, les résultats enregistrés à l’examen du BAC 2020.

Avec un taux de réussite de 47% comme moyenne nationale, les résultats à l’examen du bac 2020 sont relativement  satisfaisants en comparaison de ceux des vingt-cinq dernières années. Le SUDES félicite l’ensemble des acteurs notamment les enseignants et les élèves pour cette prouesse dans le contexte complexe et compliqué de la pandémie du COVID19. A l’évidence, au regard de ce contexte et en tenant compte du passé, un tel résultat peut paraître paradoxal et susciter des interrogations légitimes.

Cependant, pour le SUDES, il est indécent que celles-ci conduisent à une quelconque dévalorisation et au discrédit du diplôme acquis de haute lutte par les élèves. En effet, dans un contexte inédit, des mesures exceptionnelles d’encadrement de candidats motivés ont produit logiquement, des résultats relativement exceptionnels. Pour le SUDES, le Gouvernement devra s’atteler  à assurer le droit d’accès à l’enseignement supérieur pour tous ces nouveaux bacheliers, en achevant au plus vite les chantiers des nouvelles structures d’enseignement supérieur (universités et instituts) et en recrutant conséquemment des enseignants-chercheurs.

Par ailleurs, pour le SUDES, ces résultats appréciables à l’examen du Bac ne doivent pas cacher cette année, l’ampleur et le désespoir profond des élèves de terminale privés de faire l’examen parmanque d’état civil fiable. Dans la seule Académie de Dakar, au niveau seulement de cinq lycées publics, on dénombre une centaine de cas. Sans aucun doute à l’échelle des 16 inspections d’académie du pays il  y a des centaines d’élèves qui ont été privés de la possibilité de faire cette évaluation certificative très importante dans la vie de chaque élève.

A la vérité, ces élèves ont été des victimes innocentes de la négligence coupable d’abord de parents ensuite des différents échelons de l’administration scolaire. Il s’y ajoute les manœuvres frauduleuses de certains agents des mairies en matière d’établissement des actes de naissance.

Il y a là, une violation flagrante des droits humains en général et des droits de l’enfant en particulier, à laquelle il convient de mettre fin pour conjurer le scandale d’une certaine apatridie qui frappe ainsi injustement de jeunes sénégalais, en les retardant ou les privant du droit à prétendre à l’enseignement supérieur. C’est injuste et c’est inadmissible !

C’est pourquoi, le SUDES propose l’assouplissement des règles administratives pour permettre à ces centaines d’élèves de terminale de pouvoir faire la session de remplacement 2020. Cette proposition est d’autant plus fondée que certains élèves disposant d’un dossier complet ont été frappés de forclusion à la date  du 17 janvier 2020, d’autres auraient pu être en règle avec un léger recul de cette date de clôture. En conséquence, il y a des circonstances atténuantes en plus de l’esprit de clémence dont il faut faire preuve pour donner une chance à ces candidats malheureux qui pourraient être traumatisés à vie par cette catastrophe pour eux. Il s’agit de rendre justice à ces jeunes dont l’avenir semble scandaleusement compromis par la faute des parents et de l’Etat.

Le SUDES interpelle le Président de la République et toutes les autres autorités compétentes pour le juste règlement des cas de cette année et pour des solutions structurelles à la question d’un état civil fiable pour tous les élèves et plus généralement pour tous les enfants du pays.

Notre syndicat invite les fédérations de parents d’élèves, les ONG intéressées par la question dont la COSYDEP mais aussi les syndicats d’enseignants à s’investir dans ce combat pour une cause juste et de portée nationale.

Dakar le 23 Septembre 2020

Le Secrétariat Permanent du SUDES