L’INTÉGRALITÉ DU DISCOURS DE l’honorable Thérèse FAYE, Présidente de la Commission des affaires Monétaires et Financières du Parlement Panafricain
Intervention de l’honorable Thérèse FAYE, Député à l’Assemblée Nationale du Sénégal Dakar, Présidente de la Commission des affaires Monétaires et Financières du Parlement Panafricain, Pan-African Johanesbourg, Mindrand.
Théme : Les délégations du Parlement vues de l’intérieur – «Comment l’Union européenne peut-elle renforcer les canaux diplomatiques avec l’Afrique pour regagner de l’influence dans une région d’une importance stratégique cruciale, dans un contexte d’intense concurrence stratégique de la part d’acteurs régionaux et mondiaux?» (à l’initiative de Hilde Vautmans, Présidente de la DAFR).
Excellences, Honorables Membres, Collègues Distingués,
C’est un réel plaisir pour nous, Membres de l’Assemblée nationale sénégalaise de vous rencontrer ainsi que d’apprendre plus sur le fonctionnement et les acteurs du Parlement européen.
Permettez-moi d’exprimer ma sincère reconnaissance à la Présidente Hilde Vautmans et au Parlement européen pour avoir créé cette plateforme importante de dialogue.
Je souhaiterais tout particulièrement remercier la DG PART, notamment sa Directrice-générale Madame Sanna Lepola et le Directeur des bureaux de liaisons externes, Monsieur Oumar Doumbouya, pour l’immense travail qui a été accompli autour de ce programme et de ces rencontres enrichissantes. Ces visites, rendues possible grâce au programme de l’EUVP, sont une opportunité extraordinaire de renforcer les liens et la coopération entre l’Europe et le Sénégal, et plus globalement entre nos deux continents.
C’est un honneur de contribuer à cette discussion enrichissante. sur la manière dont l’Union européenne peut renforcer la cooperation avec l’Afrique dans un contexte de géopolitique complexe.
Je prends la parole aujourd’hui en tant que membre de l’Assemblée nationale du Sénégal, et également en ma qualité de Présidente de la Commission des Affaires économiques et financières du Parlement panafricain. Une institution engagée à renforcer la gouvernance, à harmoniser la législation et à faire avancer la vision de l’Union africaine en matière d’intégration continentale.

L’Afrique se trouve aujourd’hui à un moment de transformation profonde. Sa jeunesse, qui constitue, plus de 70% de la population du continent, ses marchés en forte croissance, ses ressources naturelles (avec environ 30% des réserves mondiales de minéraux et de métaux , d’importantes réserves de gaz naturel et de pétrole) la positionnent non pas comme un acteur passif, mais comme un partenaire actif, dotè d’un potentiel stratégique important.
Dans ce contexte, l’engagement de l’UE avec l’Afrique sera plus fort, lorsqu’il s’alignera sur les priorités du moment en Afrique, telles que l’Agenda 2063, l’Aire de libre-échange continentale africaine (ALECA), les réformes en cours visant à renforcer l’architecture financière africaine et la mise en oeuvre des recommandations des Chefs d’Etats lors du Sommet UE-UA à Luanda en Novembre 2025. Nous en voulons pour exemple la création, sous l’égide du Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs (MAEP), d’une agence de notation africaine, initiative que nous avons saluée et débattue lors de notre session plénière de Novembre au Parlement panafricain.
Il est fondamental de souligner que l’Afrique n’est pas réductible aux seuls récits de guerres et de conflits ; elle est avant tout une terre de vitalité démocratique et de transformation économique. Notre pays, le Sénégal, en est l’illustration parfaite, ayant connu des alternances démocratiques pacifiques et des transformations structurelles continues.
Pour que l’Union européenne renforce ses canaux diplomatiques et maintienne une influence significative, la coopération doit être fondée sur la notion d’interdépendance, la prospérité partagée, le respect mutuel et la stabilité à long terme. Cela necessite une collaboration plus approfondie avec les institutions africaines, y compris le Parlement panafricain, en tant que partenaire dans l’élaboration et la supervision des politiques. La diplomatie institutionnelle est essentielle pour instaurer la confiance et soutenir des résultats durables.
Le soutien de l’Union européenne aux aspirations de l’Afrique pour une représentation plus juste et significative au Conseil de sécurité des Nations Unies est une attente forte.
L’Afrique, avec plus de 30 millions de km² et une population dépassant 1,5 milliard d’habitants, mérite ce soutien, notamment pour l’obtention des deux sièges permanents et supplémentaires non-permanents, conformément au Consensus d’Ezulwini de 1997 et la declaration de Syrte en 2005. Une Alliance Europe-Afrique renforcée à l’ONU pourrait représenter un bloc, une majorité de votes qui pourrait impacter la gouvernance mondiale.
Au niveau économique, de nombreux acteurs qui étendent aujourd’hui leur présence en Afrique le font par l’investissement, le financement des infrastructures, des partenariats technologiques et le soutien aux PME.
Renforcer l’engagement de l’UE nécessite donc un engagement renouvelé en faveur du financement du développement, en mettant l’accent sur le renforcement du capital humain, notamment la formation ciblée de la jeunesse africaine, le soutien aux systèmes financiers africains, et l’accélération de la digitalisation. Une coopération renforcée avec les institutions africaines de garantie, les banques de développement et les commissions parlementaires sera cruciale pour accélérer les progrès.
Enfin, je pense que l’avenir des relations UE–Afrique dépend de notre capacité à co-construire un partenariat qui reflète les aspirations et forces des deux continents. L’Afrique recherche des partenaires qui écoutent, qui s’engagent de manière constructive et qui travaillent avec nous pour élaborer des solutions durables.
Nous sommes conscients et reconnaissants du soutien de l’UE à l’architecture institutionnelle de l’Union africaine mais également l’accompagnement de l’UE pour l’émmergence du Sénégal à travers la stratégique conjointe UE – Sénégal 2021 – 2027. La réalisation des insfrastructures massif comme le BRT, les centres de formation professionels pour les jeunes, l’appui aux initiatives entreprenariales des jeunes et des femmes entre autres sont à saluer.
Pour terminer mon speech, honorables Députés europeens, l’Afrique est prête à jouer son rôle de puissance montante mais le partenariat avec l’Union européenne doit être une relation de co-construction et d’interdépendance, fondée sur la transparence, le respect et la reconnaissance de nos aspirations.

Merci de votre attention. J’espère que cette vision trouvera un écho dans les couloirs de votre Parlement.

