Histoire et culture Contre la conspiration du silence: Gandiol braque la lumière sur son passé
Infosdakar-La deuxième journée du colloque international et pluridisciplinaire « Gandiol dans l’histoire » tenue à Ndïébène Ganjool a été entièrement consacrée aux travaux scientifiques et aux communications des conférenciers, offrant ainsi un espace privilégié de dialogue entre savoir académique et mémoire vivante. Dans une salle attentive et recueillie, historiens, chercheurs, griots et sages de la localité ont tour à tour pris la parole pour revisiter les grandes étapes de l’histoire de Gandiol.

Dès l’ouverture des communications, les interventions ont plongé l’assistance dans un voyage à travers le temps, retraçant les origines de Gandiol, ses dynamiques sociales, ses résistances et son rôle dans les échanges régionaux. Les griots, gardiens de la mémoire collective, ont livré des récits empreints de symboles et de profondeur, rappelant les lignages fondateurs, les migrations et les alliances qui ont façonné l’identité gandiolaise. Leurs paroles, ponctuées de chants et de formules ancestrales, ont donné chair à une histoire longtemps transmise de génération en génération par le biais de l’oralité. À ces témoignages se sont articulées les analyses rigoureuses des scientifiques, historiens et universitaires, soucieux de confronter les sources orales aux archives écrites et aux travaux de recherche. Cette démarche croisée a permis d’éclairer certains pans méconnus de l’histoire de Gandiol, tout en posant les bases méthodologiques d’une écriture scientifique fidèle aux réalités locales. Les échanges, nourris et parfois passionnés, ont mis en évidence la nécessité de concilier mémoire, science et pédagogie. Au fil des communications, un consensus s’est dégagé sur l’importance de préserver et de documenter ce patrimoine immatériel, non seulement pour enrichir la recherche historique nationale, mais aussi pour renforcer l’identité culturelle des jeunes générations. Plusieurs intervenants ont insisté sur l’urgence de collecter les récits des sages et des détenteurs de la tradition orale, face au risque de disparition de ces savoirs avec le temps.
Cette journée d’échanges intellectuels a ainsi confirmé l’ambition du colloque : faire de Gandiol un objet d’étude à part entière, inscrit dans une histoire nationale et régionale plus large. À Ndïébène Ganjool, l’histoire ne s’est pas contentée d’être racontée ; elle a été interrogée, confrontée et pensée collectivement, dans un dialogue fécond entre passé et présent.

