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THIÈS : Un forum économique de haut niveau explore le concept « Teg Teggi Tekki » pour financer le développement

La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Thiès a vibré ce samedi 23 mai au rythme des débats économiques. En effet, un forum public a réuni experts, décideurs et citoyens pour repenser la mobilisation des ressources internes à travers l’entrepreneuriat populaire.

La capitale du Rail est devenue, le temps d’une journée, le carrefour de la réflexion sur la souveraineté économique du Sénégal.
Axée sur le thème central : « Financement populaire et entrepreneuriat, quelle place pour « Teg Teggi Tekki » dans la mobilisation des ressources internes ? », cette rencontre a attiré une foule immense, impatiente de découvrir des solutions de rupture pour le développement local. Un panel d’experts pluridisciplinaire. Pour disséquer cette problématique cruciale, les organisateurs ont mobilisé un panel d’intellectuels et d’acteurs de terrain de premier plan. Parmi les intervenants majeurs, le magistrat au Pôle Judiciaire Financier et auteur, Mamadou Yakham Keita a apporté son éclairage juridique et éthique à travers le projet « Teg Teggi Tekki ».

« Il nous est donné l’opportunité de réfléchir sur la question parce que pendant plusieurs années, le prétoire nous a servi de vitrine pour voir ce qui se passait dans notre société et quand on analysait ce qui se passait dans la société, avec le lancement de la microfinance considérée comme une sorte de panaché pouvant permettre de régler les problèmes du financement de l’entrepreneuriat et par ricochet de l’emploi des jeunes, nous avons vu qu’il y a beaucoup de problèmes qui n’ont pas été résolus malgré que ces outils soient efficaces. C’est ce qui nous a inspiré et nous avons dit pourquoi on ne pourrait pas explorer d’autres voies inspirées de nos réalités culturelles donc enracinées pour mettre en place un système de financement de l’entrepreneuriat », a expliqué l’auteur de l’ouvrage « Tontine populaire pour l’entrepreneuriat et l’emploi en Afrique Teg Teggi Tekki « , le juge Mamadou Yakham Keita.

Pour sa part, le ministre-conseiller, Pr El Hadj Mounirou Ndiaye, a partagé sa vision stratégique de l’État aux côtés du docteur en finance islamique et économiste financier, Cheikh Omar Diagne. Selon le panéliste, ce projet global parle de mécanisme de cotisation permettant aux sénégalais d’être résilients sur le plan du financement des projets.

« Le juge Yakham Keita a fait un travail de réflexion très important. Nous avons estimé qu’il fallait en parler parce que cela aborde un sujet de société fondamental, la question de la problématique de l’entrepreneuriat en général le modèle « Teg Teggi Tekki » pour lequel la proposition a été faite par mon grand frère Mayoro d’en faire une fondation pour vous dire que c’était une journée remplie où nous avons échangé avec les populations de Thiés. Je me suis rendu compte, en tant qu’économiste, un juriste s’est attaqué à un sujet économique et a quand-même pu formuler des propositions qui peuvent etre opérationnalisées », a fait savoir le Pr Mounirou Ndiaye, ministre conseiller, chef du bureau d’évaluation des politiques et programmes publics.

Ainsi, durant plusieurs heures, les panélistes ont passé au crible tous les leviers de l’émancipation économique nationale. Les discussions, particulièrement riches, ont abordé sans tabou des thématiques majeures : Justice économique et citoyenneté, repenser le partage des richesses, activer l’épargne locale face aux banques traditionnelles entre autres.

Prenant part à la réflexion, l’opérateur économique et investisseur Mayoro Mbaye a, quant à lui, enrichi les débats par son pragmatisme entrepreneurial mais surtout, en décidant d’accompagner le projet du magistrat et auteur, Mamadou Yakham Keita, sorti du prétoire pour penser aux questions économiques.

« Lorsque l’on regarde la composition de cette salle et toute cette jeunesse dynamique et ambitieuse qui était là et qui a envie d’entreprendre, le juge Yakham Keita a lancé les bases pour entreprendre. Dans mon intervention j’ai dit qu’il y a des concepts que lui même a utilisés dans une langue qui nous est propre: »Teg Teggi Tekki  » que nous pouvons comprendre. Mais, de l’autre côté, dans l’entreprise, nous pouvons effectivement retrouver les mêmes concepts de l’épargne, de l’investissement et de l’entreprise. Parce qu’il faut épargner pour investir et pour investir, il faut créer des entreprises et c’est là où son livre a un sens dans la mesure où cela permet déjà de comprendre les mécanismes par lesquels nous pouvons créer des emplois dans ce pays. Parce que seule l’entreprise peut créer des emplois qui sont dans la pérennité. Et là, j’ai essayé de rapporter son idée à des projets déjà existants puisqu’on est dans une phase de ces entreprises notamment de la Citadelle Industrielle de Thiès dont la société a été constituée récemment avec la signature des accords à Paris pour la fabrication d’équipements ici au Sénégal. Et tout cela peut rentrer dans un pôle industriel à partir de l’épargne que nous constituons, de l’investissement qui sera fait avec des partenaires extérieurs pour la créations d’entreprises viables. C’est cela que j’ai apporté dans cette rencontre pour voir quel est le côté pratique de ce que le juge a théorisé et comment nous pourrons le déployer sur le terrain « , a indiqué Mayoro Mbaye.

Ce forum de Thiès pose ainsi les jalons d’un modèle économique endogène, où la mobilisation communautaire devient le principal moteur de la création d’emplois et de la souveraineté nationale. Et l’engouement du public témoigne de l’urgence des questions soulevées.

Aly Saleh