150 DÉTENUS MINEURS À LA MAC DE HANN : Les acteurs plaident pour des centres spécialisés
La maison d’arrêt et de correction (MAC) pour mineurs de Hann, avec 150 détenus mineurs, a célébré la Journée de l’Enfant Africain sous le thème :Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique ».
Placée sous le thème : » Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour chaque enfant en Afrique « , les acteurs de l’enfance ont profité de cette journée pour plaider la création des centres spécialisés afin d’éviter la prison aux mineurs.
Pour la directrice, Seynabou Ndong Talla, le thème choisi cette année rappelle que l’accès à l’eau potable, à des sanitaires adéquates et à de bonnes pratiques d’hygiène constitue un droit fondamental pour chaque enfant ». Selon elle , dans un établissement pénitentiaire pour mineurs, cette célébration revêt une signification particulière. Elle rappelle que, quelles que soient les circonstances ayant conduit un enfant en conflit avec la loi à se retrouver ici, il demeure avant tout un enfant, porteur de droits, de rêves et d’un potentiel à développer. « Notre mission consiste à encadrer, éduquer, protéger, accompagner et préparer la réinsertion sociale de ces jeunes afin qu’ils puissent reprendre leur place dans la société en tant que citoyens responsables et épanouis », a-t-elle déclaré . Et d’ajouter : » Les erreurs commises, les difficultés rencontrées ou les épreuves traversées ne doivent jamais vous faire perdre espoir ni oublier votre valeur en tant qu’êtres humains. Vous êtes avant tout des enfants, porteurs de rêves, de talents et d’un immense potentiel. Cette période de votre vie doit être une occasion de réflexion, d’apprentissage et de reconstruction. Croyez en votre capacité à changer, à grandir et à bâtir un avenir meilleur ».
Sur ce, la directrice a informé que ces jeunes bénéficient de formation et certains sont candidats au BFM et à l’entrée en sixième. Ainsi Elle a invité les parents à les accompagner pour qu’ils ne sombrent pas dans la délinquance.

Des centres spécialisés pour éviter la prison aux enfants »
Pour la présidente du tribunal pour enfants de Pikine Guediawaye, Maï Ndim Diop , il fautQue ce soit à l’étape d’enquête avec le parquet,
le juge d’instruction, le tribunal, l’adjudication du jugement, les enfants doivent être accompagnés.
« Les magistrats chargés de ces questions sont veillés à ce que les enfants soient accompagnés par les spécialistes. À l’étape où je vais prendre l’adjudication du jugement, les juges pour enfants sont assistés par des éducateurs spécialisés dans le domaine de l’enfance », souteint-elle. Et d’ajouter: »Nous avons l’habitude de dire que l’adjudication pour enfants, c’est une grande famille. Donc les enfants, leur place n’est pas la prison. Elle vient en dernier lieu. C’est quand on n’a pas d’autres alternatives que l’enfant est envoyé en prison. Mais si nous avions les moyens nécessaires et les centres dont nous avons besoin pour faire notre travail, nous pensons qu’aujourd’hui, il n’y aurait pas d’enfants en prison ». Occasion saisie pour elle d’évoquer le déficit de moyens pour que ces enfants puissent être accompagnés avec des structures pour pouvoir les maintenir dans un cadre répondand à certaines conditions. Elle plaide pour plus de centres spécialisés où les enfants peuvent aller apprendre des métiers dans des environnements où ils peuvent s’épanouir

Des regrets pour les enfants
» Nos parcours n’ont pas toujours été faciles. Certains d’entre nous ont connu des difficultes, des erreurs, des blessures ou des choix que nous regrettons. Nous croyons que chacun mérite une seconde chance . Mais nous refusons de croire que notre vie se résume à notre passé familles, de nos amis et une meilleure version de lui-même », a déclaré le représentant des enfants, S.M G. Et poursuivre : » La détention est une epreuve. Elle nous éloigne de nos temps pour apprendre de nos erreurs, pour grandir et pour préparer notre retour parfois de nos reperes. Pourtant elle nous offre aussi un temps de réflexion dans la société ».
A cette occasion , ces enfants prisonniers ont fait la promesse de travailler sur eux-mêmes, de saisir les opportunités offertes et de tout mettre en œuvre pour devenir des citoyens responsables, utiles à leur familles.

Les familles ne doivent pas être des démissionnaires
« Je suis assez submergé par une très grande émotion quand je suis entré ici. Tout ce qu’ils ont vécu et surtout le pardon qu’ils ont demandé tout à l’heure lors des déclamations du concours de poèmes. Cela m’a beaucoup touché », dira Adamo Sow, journaliste et protecteur des enfants. Et d’ajouter un jeune détenu est venu voir une juge en marge de cette célébration, la trouver et interagir avec elle. C’est une image qu’on doit fixer et qu’on doit retenir de cette journée. La justice c’est en fait un côté éducatif. On doit faire attention au premier socle de l’enfant qui est la famille. Pour lui , Si la famille est en crise, c’est toute la société qui paye. » Je pense que le rôle de la famille est indexé et ne doit pas être démissionnaire », conclut-il.
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