«Quand la démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet…» ( Par Mame Gor Ngom)


«En tout, l’excès est un vice». Nos autorités n’ont certainement pas compris le sens de ces mots de Sénèque. Sinon, elles se garderaient de répéter les mêmes erreurs qui ont participé à anéantir leurs prédécesseurs. En jetant Pape Alé Niang en prison, pour divulgation d’informations… non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale, recel de documents administratifs et militaires, de diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques, elles ont emprunté la voie de la radicalité. Elle ne nécessite aucune intelligence et laisse peu de place à la mesure. Nous abhorrons toutes les irresponsabilités. Mais cette voie de la passion démesurée n’engendre que la détestable arrogance qui arrose tous les défauts et éteint la sérénité. PAN doit être libéré ainsi que tous les prisonniers retenus pour des insignifiances, des puérilités. Le Sénégal qui revendique un certain rang démocratique, doit éviter cette infantilisation du « moins pire des systèmes ».
Flash- back. Le 17 octobre 2005, les forces de l’ordre débarquent de façon spectaculaire au groupe Sud Communication. Vingt-quatre employés sont brutalement arrêtés et les émissions de Sud Fm interrompues. Le pouvoir de Wade reprochait à cette radio d’avoir diffusé une interview du chef rebelle Salif Sadio. A l’époque, les mêmes termes aussi vagues ont été employés dans le seul but de « corriger » des journalistes qui n’ont fait qu’informer des Sénégalais soif de savoir. Un an avant, en juillet 2004, le directeur de publication du journal Le Quotidien, Madiambale Diagne, a été emprisonné, pour avoir publié un rapport du Haut Conseil de la Magistrature du Sénégal. Le document en question contenait des protestations de juges qui affirmaient « avoir subi des pressions et reçu des directives de la part de plusieurs autorités sénégalaises ». La forte mobilisation de l’époque contre le « Monstre », a poussé le pouvoir issu de la première alternance en 2000 -qui gardait encore sa popularité- à lâcher du lest. L’entente au sein des acteurs des médias était une réalité. La force de frappe n’en était que plus efficace. Le syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale (Synpics) gardait encore toute son influence. Une aura perdue depuis belle lurette précisément en 2014 quand le syndicat des journalistes n’a même pas daigné publier un communiqué pour dénoncer l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de Félix Nzalé alors Directeur de publication de La Tribune pour seulement un article faisant état de la présence de « cinq cas d’Ebola au Sénégal ».
Mal de presse…
Et le journalisme n’avait pas perdu de sa superbe comme aujourd’hui où il est chahuté du fait de pratiques malsaines qui la rendent si moche. Et puis un certain constat, une certaine perception démontrent que l’irrévérence qui avait participé à la chute d’Abdou Diouf, de mise sous Abdoulaye Wade, a cédé à une certaine mollesse sous Macky Sall. Celui-ci s’est attelé à tout faire pour neutraliser les « grandes gueules » qu’Idrissa Seck son allié actuel avait qualifié de dames…de compagnie. Les premiers actes de Macky-président indiquaient clairement sa voie. La nomination comme Pca de la Radio Télévision du Sénégal (Rts) de Ndiogou Wack Seck , connu pour ses excès et ses insultes quand « Il est midi » du nom de son fameux journal, a été un symbole fort. Dés lors, le choix de responsables de son parti à la tête des médias publics comme la Rts, au Soleil et à l’Agence de presse sénégalaise, n’était qu’une logique de cette volonté d’accaparement et de maîtrise du secteur vulnérable des médias dans leur entièreté. Mais, si l’on y regarde de prés, le malaise et la crise dans le secteur aussi stratégique de la presse sont une conséquence du « mal démocratique » régnant. « Faites attention, quand la démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles », écrit Albert Camus dans La Chute…
Sall qui rêvait de réduire l’opposition à sa plus simple expression, était conscient qu’il fallait avant tout étrangler la presse libre en usant du bâton et de la carotte. La presse sénégalaise n’est plus ce qu’elle était. Mais les paradigmes ont tellement changé. Les embardées des jeunes générations avec leurs travers et leurs charmes résistent à ce désir d’être maître de soi comme de l’univers. Le Net et Facebook grouillent de leurs impatiences. Ils ne feront pas à Macky Sall un chemin sans épines, avait prédit en mars 2012 le défunt brillant fondateur et éditorialiste du « Point » Claude Imbert. Sall venait alors d’être élu. Aujourd’hui, il ne rate aucune occasion pour vitupérer des médias… sociaux dont le bien et le mal sont inséparables. Peine présidentielle perdue !

malade, le fascisme vient à son chevet…»
«En tout, l’excès est un vice». Nos autorités n’ont certainement pas compris le sens de ces mots de Sénèque. Sinon, elles se garderaient de répéter les mêmes erreurs qui ont participé à anéantir leurs prédécesseurs. En jetant Pape Alé Niang en prison, pour divulgation d’informations… non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale, recel de documents administratifs et militaires, de diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques, elles ont emprunté la voie de la radicalité. Elle ne nécessite aucune intelligence et laisse peu de place à la mesure. Nous abhorrons toutes les irresponsabilités. Mais cette voie de la passion démesurée n’engendre que la détestable arrogance qui arrose tous les défauts et éteint la sérénité. PAN doit être libéré ainsi que tous les prisonniers retenus pour des insignifiances, des puérilités. Le Sénégal qui revendique un certain rang démocratique, doit éviter cette infantilisation du « moins pire des systèmes ».
Flash- back. Le 17 octobre 2005, les forces de l’ordre débarquent de façon spectaculaire au groupe Sud Communication. Vingt-quatre employés sont brutalement arrêtés et les émissions de Sud Fm interrompues. Le pouvoir de Wade reprochait à cette radio d’avoir diffusé une interview du chef rebelle Salif Sadio. A l’époque, les mêmes termes aussi vagues ont été employés dans le seul but de « corriger » des journalistes qui n’ont fait qu’informer des Sénégalais soif de savoir. Un an avant, en juillet 2004, le directeur de publication du journal Le Quotidien, Madiambale Diagne, a été emprisonné, pour avoir publié un rapport du Haut Conseil de la Magistrature du Sénégal. Le document en question contenait des protestations de juges qui affirmaient « avoir subi des pressions et reçu des directives de la part de plusieurs autorités sénégalaises ». La forte mobilisation de l’époque contre le « Monstre », a poussé le pouvoir issu de la première alternance en 2000 -qui gardait encore sa popularité- à lâcher du lest. L’entente au sein des acteurs des médias était une réalité. La force de frappe n’en était que plus efficace. Le syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale (Synpics) gardait encore toute son influence. Une aura perdue depuis belle lurette précisément en 2014 quand le syndicat des journalistes n’a même pas daigné publier un communiqué pour dénoncer l’inculpation et le placement sous mandat de dépôt de Félix Nzalé alors Directeur de publication de La Tribune pour seulement un article faisant état de la présence de « cinq cas d’Ebola au Sénégal ».
Mal de presse…
Et le journalisme n’avait pas perdu de sa superbe comme aujourd’hui où il est chahuté du fait de pratiques malsaines qui la rendent si moche. Et puis un certain constat, une certaine perception démontrent que l’irrévérence qui avait participé à la chute d’Abdou Diouf, de mise sous Abdoulaye Wade, a cédé à une certaine mollesse sous Macky Sall. Celui-ci s’est attelé à tout faire pour neutraliser les « grandes gueules » qu’Idrissa Seck son allié actuel avait qualifié de dames…de compagnie. Les premiers actes de Macky-président indiquaient clairement sa voie. La nomination comme Pca de la Radio Télévision du Sénégal (Rts) de Ndiogou Wack Seck , connu pour ses excès et ses insultes quand « Il est midi » du nom de son fameux journal, a été un symbole fort. Dés lors, le choix de responsables de son parti à la tête des médias publics comme la Rts, au Soleil et à l’Agence de presse sénégalaise, n’était qu’une logique de cette volonté d’accaparement et de maîtrise du secteur vulnérable des médias dans leur entièreté. Mais, si l’on y regarde de prés, le malaise et la crise dans le secteur aussi stratégique de la presse sont une conséquence du « mal démocratique » régnant. « Faites attention, quand la démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles », écrit Albert Camus dans La Chute…
Sall qui rêvait de réduire l’opposition à sa plus simple expression, était conscient qu’il fallait avant tout étrangler la presse libre en usant du bâton et de la carotte. La presse sénégalaise n’est plus ce qu’elle était. Mais les paradigmes ont tellement changé. Les embardées des jeunes générations avec leurs travers et leurs charmes résistent à ce désir d’être maître de soi comme de l’univers. Le Net et Facebook grouillent de leurs impatiences. Ils ne feront pas à Macky Sall un chemin sans épines, avait prédit en mars 2012 le défunt brillant fondateur et éditorialiste du « Point » Claude Imbert. Sall venait alors d’être élu. Aujourd’hui, il ne rate aucune occasion pour vitupérer des médias… sociaux dont le bien et le mal sont inséparables. Peine présidentielle perdue !

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