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Mgr Benjamin Ndiaye aux jeunes de l’archidiocèse : « Soyez des vivants en Jésus Christ »

« Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, la joie de ma jeunesse ». C’est par ces mots porteurs d’espérance que l’archevêque émérite de Dakar a ouvert son homélie lors des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) 2025 célébrées localement ce dimanche 6 avril à la fondation paroissiale Sainte Catherine de Sienne de Malika.

Devant des milliers de jeunes venus de tout l’archidiocèse, le Mgr Ndiaye a livré un message fort s’inscrivant pleinement dans l’Année Sainte et jubilaire décrétée par le Pape François, dont le thème « Pèlerins de l’Espérance » résonne particulièrement avec les défis auxquels font face les jeunes Sénégalais.

Une continuité dans la célébration de l’espérance

Selon Mger Benjamin, cette JMJ diocésaine constitue l’aboutissement d’un chemin spirituel entamé en novembre 2023 à la paroisse Christ-Roi de l’Univers de Diouroup, où les JMJ diocésaines s’étaient tenues sous le thème « Joyeux dans l’espérance ». Le parcours s’est poursuivi en janvier 2024 avec les JMJ nationales à Saint-Louis, centrées sur le verset d’Isaïe « Ceux qui espèrent dans le Seigneur marchent sans se fatiguer » (Is 40,31).

« Le rapprochement de ces différents rassemblements, autour de la vertu de l’Espérance, n’est-il pas le signe concret de l’affection et de l’attention que l’Église accorde à notre jeunesse, comme espoir d’un monde meilleur, enraciné en Dieu ? » a interrogé l’archevêque, soulignant ainsi la cohérence du cheminement spirituel proposé aux jeunes.

Un Dieu qui ouvre des chemins d’espérance

S’appuyant sur les lectures du jour, l’archevêque émérite de Dakar a rappelé comment Dieu avait « fait autrefois un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, pour délivrer son peuple de l’esclavage » au temps de l’Exode. Il a établi un parallèle avec les défis contemporains, affirmant que Dieu continue d’agir aujourd’hui.

« N’avons-nous pas ainsi une garantie qu’il agit encore aujourd’hui ? » a-t-il demandé, avant de citer le prophète Isaïe : « Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange ». Une promesse qui, selon lui, « nous garantit des raisons pour le louer encore, en raison de ses bienfaits ».

Mgr Ndiaye a particulièrement insisté sur le Psaume 125 qui soutient cette méditation : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête », ajoutant que « les exilés de retour au pays » chantaient « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve. »

Des rêves et des ambitions légitimes

S’adressant directement aux jeunes, l’actuel administrateur apostolique de l’archidiocèse a reconnu leurs aspirations : « Chers jeunes, vous êtes pleins de rêves et vous avez des ambitions légitimes pour réussir votre vie. Que la célébration de ces JMJ soit un moment favorable pour obtenir du Seigneur Jésus Christ d’abondantes grâces qui vous façonnent, qui soutiennent vos efforts et consolident votre détermination devant les difficultés de la vie. »

Reprenant les paroles du psaume, il a souhaité aux jeunes de récolter « abondamment le fruit de [leurs] efforts, de [leur] persévérance et de [leur] endurance », à l’instar de ceux qui « s’en vont en pleurant » et reviennent « en criant de joie » avec leurs gerbes.

L’exemple de Paul et la conversion permanente

Mgr Ndiaye a ensuite évoqué le témoignage de l’apôtre Paul, « d’abord l’ennemi farouche et le persécuteur des premiers chrétiens » devenu « l’apôtre des nations » par la grâce divine. Il a souligné le programme exigeant mais essentiel que Paul propose : « Il s’agit de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa Résurrection, de communier aux souffrances de sa Passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. »

Encourageant les jeunes à la persévérance malgré leurs faiblesses, il a exhorté : « Avec persévérance et à travers nos efforts de conversion, continuons à avancer sur le chemin de notre sanctification, sans chercher à être plus exigeants envers les autres qu’envers nous-mêmes. »

La miséricorde au cœur du message évangélique

L’homélie a atteint son point culminant avec la méditation sur l’Évangile du jour relatant la rencontre entre Jésus et la femme adultère. Mgr Benjamin a dénoncé l’hypocrisie des accusateurs qui « instrumentalisent le faible, sans aucun respect, pour tendre un piège à Jésus ».

Il a souligné comment la réponse de Jésus, « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre », avait provoqué le départ des accusateurs, « un aveu honteux de leur propre culpabilité ».

Citant saint Augustin, l’archevêque a rappelé que face à cette femme, « ils sont restés deux, la misère et la miséricorde ». Il a invité l’assemblée à méditer profondément sur les paroles de Jésus : « Je ne te condamne pas », soulignant que « c’est cela le bonheur de Dieu : faire grâce ! »

Un appel à la vie authentique dans le Christ

En conclusion, l’archevêque émérite de Dakar a lancé un appel vibrant aux jeunes : « Vivons donc en pécheurs pardonnés. Il est venu nous manifester la miséricorde de Dieu, en nous aimant jusqu’au bout. Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Et Jésus a donné sa vie pour que nous vivions à jamais. »

« Alors, chers jeunes, soyez des vivants en Jésus Christ ! Alors, vous serez de vrais témoins qui disent et vivent ce qu’ils ont vu, entendu et vécu avec le Seigneur Jésus Christ, notre Espérance », a-t-il conclu.

Une paroisse en construction comme symbole d’espérance

Mgr Benjamin n’a pas manqué d’établir un parallèle entre les défis que rencontrent les jeunes et ceux de la fondation paroissiale Sainte Catherine de Sienne de Malika, qu’il avait visitée le 13 mars dernier. Il a évoqué les conditions difficiles de cette jeune communauté où « le prêtre-fondateur, Abbé Jean-Baptiste Senghor, et son coopérateur, Abbé Vivien Nadiack, sont pour le moment sans domicile fixe ».

Cette situation précaire n’empêche pas la détermination des fidèles, « motivés pour enraciner leur vie chrétienne dans ce terroir », incarnant ainsi l’espérance et la persévérance célébrées durant ces JMJ.

En marge de cette célébration marquante, les jeunes ont rendu un hommage appuyé à l’archevêque émérite pour ses dix années de ministère pastoral à la tête de l’archidiocèse de Dakar, saluant son engagement constant pour faire de l’Église une véritable « Église-Famille-de-Dieu » où chacun trouve sa place et chemine en « pèlerin de l’espérance ».

UCS