RDC: calme précaire à Goma ce matin, dans l’attente d’une rencontre Kagame-Tshisekedi
Ce mercredi, le M23 et l’armée rwandaise contrôlent l’aéroport et occupent désormais la quasi totalité du centre et des faubourgs de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Une rencontre est prévue dans la journée entre les dirigeants congolais et rwandais à l’initiative du Rwanda pour tenter de dénouer cette nouvelle crise dans la région frontalière secouée depuis 30 ans par des violences entre groupes armés.
plus de trois ans. Mais l’étau s’est resserré ces derniers jours et des troupes sont entrées dans Goma dans la nuit de dimanche à lundi.
► Au moins 100 personnes ont été tuées et plus de 1 000 blessées, selon les informations fournies par plusieurs hôpitaux. Les hôpitaux de Goma « sont submergés » de blessés et de « nombreux corps » jonchent les rues de la ville, a affirmé l’ONU lors d’un point presse mardi, citant leurs employés sur place.
► La situation humanitaire est « extrêmement inquiétante », s’alarme l’ONU, annonçant que la distribution d’aide alimentaire a dû être suspendue en raison de la situation sécuritaire. La ville de Goma compte environ un million d’habitants et autant de déplacés. La région vit une crise humanitaire chronique depuis des très nombreuses années. Les combats ont fait plus de 500 000 déplacés depuis début janvier, a ajouté la ministre congolaise des Affaires étrangères, ce mardi soir.
► Un sommet extraordinaire de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) dédié à la situation chaotique dans l’est de la RDC aura lieu mercredi 29 janvier. Selon le président kényan, qui assure la tête de l’organisation régionale, « à la fois le président Paul Kagame et le président Félix Tshisekedi » ont « confirmé leur participation ».
► L’Union africaine, après une réunion d’urgence de son Conseil paix et sécurité, a exhorté mardi les combattants du M23 « à déposer les armes », tout en disant « condamner les violences du M23 ». Du côté de l’ONU, une nouvelle réunion de son Conseil de sécurité s’est tenu à New York. L’ambassadeur chinois y a appelé le Rwanda à entendre les demandes qui se multiplient de ne plus soutenir le groupe armé M23.
► Une communication du président congolais est annoncée, sans précision sur le moment choisi par Félix Tshisekedi pour s’exprimer sur cette escalade dans l’est de la RDC.
6 h : calme aussi au poste frontière de Gisenyi au Rwanda
Au niveau de la Grande Barrière, le poste frontière entre Goma et Gisenyi, il n’y a pas encore de mouvement ce matin, raconte notre envoyée spéciale, Lucie Mouillaud. Des bureaux d’enregistrement ont été préparés pour accueillir les réfugiés et plusieurs bus sont arrivés un peu plus tôt, mais le principal poste-frontière n’a pas ouvert à l’horaire habituel de 6 h ce matin. Hier matin, plus de 1200 personnes venant de Goma avaient franchi la frontière fuyant les échanges de tirs et de mortiers dans la ville.
Après deux journées de tensions, où écoles et de nombreux commerces sont restés portes closes, la vie reprend dans la ville et les élèves doivent retrouver ce matin le chemin des salles de classe. Près de 700 habitants de Gisenyi qui vivent proche de la frontière sont toujours dans un camp de déplacés internes après les affrontements du début de semaine qui ont fait neuf morts au Rwanda selon le dernier bilan des autorités.
5 h 30 : Un nouveau gouverneur militaire dans le Nord-Kivu
On apprend la nomination dans la nuit d’un nouveau gouverneur militaire dans le Nord-Kivu. Il s’agit du général de brigade Somo Kakule Evariste. Il remplace le général Major Peter Cirimwami qui a perdu la vie après avoir été blessé sur la ligne de front il y a quelques jours.
La ville a connu un calme précaire hier mardi après-midi, après les combats du matin et de la veille. Mais, après 48 h de combats, le bilan humain apparaît très lourd. Un calme précaire qui a permis aux habitants de sortir timidement dans les rues de Goma pour se ravitailler. Mais, la situation reste tendue. Selon OCHA, des pillages de commerces, de bureaux, et d’entrepôts d’organisations humanitaires ont été signalés. La situation humanitaire reste très préoccupante, l’eau et l’électricité sont toujours coupés et l’aéroport, point d’entrée de l’aide, est fermé depuis dimanche. Le Programme alimentaire alertait hier sur un possible manque de provisions de la population. « Les prochaines 24 h seront cruciales », estimait hier l’organisation onusienne.

